Trimaran Weta: Daniel et Alain se mouillent !

Daniel (à gauche) et Alain ont découvert un bateau très « vivant », procurant de belles accélérations sous spi sur les vagues du lagon calédonien.

Ils sont sympas, nos deux quadras ! Ils s’approchent du bateau le sourire aux lèvres, bien décidés à essayer leur -peut-être- futur voilier.  Mais ils sont un peu novices en matière de navigation en multicoque. Eux, leur truc, c’est plutôt la planche: « pas avec plus de 20 nœuds de vent » s’empressent-ils d’ajouter en cœur, prévenant ainsi qu’ils n’ont rien de casse cou ni de professionnels du nautisme.

Hésitant sur leur capacité à encaisser les accélérations d’un bateau très vivant, imaginant déjà les bords mâtinés d’embruns passés au Karcher sur un plan d’eau venté, votre serviteur ose quelques questions:

-« Quel est votre projet ? »

– « Sortir sur le lagon à plusieurs, se faire plaisir, aller à l’îlot… »

Puis, Daniel de demander aussitôt:

-« C’est quoi la limite du vent pour le bateau ? »

Comprenant qu’il voulait demander quel vent maximum le bateau pouvait supporter, je reste prudent:

-« En fait, la limite, c’est celle d l’équipage. Le bateau est sain, et vous pouvez réguler. De plus, le bateau dispose de deux grands voiles au choix, dont une plus petite pour la brise (en option) … ».

Daniel me coupe:

-« Non, je voulais dire la limite de petit temps ? »

La question me surprend car le Weta se déhale au moindre souffle. Mais quand on ne connait pas le bateau, évidemment, la question est naturelle.

-« C’est simple, je n’ai jamais eu besoin de la pagaie. le rapport Surface de Voile / déplacement du bateau est très grand. Grandes surfaces de voile, bateau léger, surface mouillée faible: de quoi avancer avec très peu d’air, même imperceptible. »

Bon, fini de discuter, le mieux c’est encore d’aller sur l’eau. Nous verrons bien …

Le bateau est gréé en 20 minutes et mis facilement à l’eau avec sa remorque légère.

Départ de la plage, quelques explications sur la répartition des rôles, les bordés / choqués, les taquets, le spi et nous voilà déjà en baie. Malheureusement, le vent tombe très provisoirement à ce moment. Une risée nous nargue un peu au large.

Un petit coup de spi, et nous voilà en route vers la houle qui enfle au sortir de la protection des îlots. Daniel et Alain se relaient à la barre et aux manœuvres, non sans quelques sorties de piste parfaitement tolérées par le bateau. Avec des coques volumineuses et des réactions rapides, le Weta est aussi exigeant pour les régatiers que tolérant pour les néophytes.

Vous ne lisez pas en ce moment un laïus commercial  car nous ne sommes pas « mariés » avec l’entreprise qui construit le Weta en Nouvelle-Zélande, pas plus qu’avec celle qui le commercialise en Nouvelle Calédonie (Quality Boats). Ce qui est écrit ici est donc ce que nous pensons et ce que nous constatons réellement à chaque sortie.

Suite de l’histoire: le vent prend des tours. Nos 240 kg à bord (environ) aident au rappel mais enfoncent un peu les coques si les poids sont mal répartis. Retour sous spi: le Weta se cabre accélère sans enfourner. Pointe à 15 nœuds, sans forcer. Nous en gardons sous le pied, histoire de ne pas faire peur. Et histoire d’éprouver par soi-même les sensations à la barre et sous les fesses de ce petit bateau fougueux.

Quelques émotions plus loin, nous beachons dans une charmante crique dont les îlots calédoniens regorgent.

P’tit stop pour beacher et constater la facilité de la manœuvre.

Derniers bords, derniers empannages: le karcher est branché. Daniel, façon poisson rouge, imite Alain qui, lui, se marre franchement.

Alain  parvient dans un ultime bord à maintenir en glisse le Weta en accompagnant les accélérations à la barre. Évidemment, il reste du travail pour bien apprivoiser la bête. C’est ce qui fait le charme du Weta:  quelque soit son niveau, on trouvera toujours une marge de progression.

Retour à terre. Pas facile de retrouver ses esprits après une sortie aussi humide … et exaltante.Le calme soudain contraste avec « la guerre » à bord quelques minutes plus tôt.

Daniel et Alain semblent satisfaits: bienvenue au club !

Dans le cadre du projet de développement handivoile en NC

Un des volets du développement handivoile en Nouvelle Calédonie consiste à participer à la constitution d’une flotte de trimaran Weta.

C’est en effet sur ce voilier choisi pour les Jeux Paralympiques de 2024 (il n’y aura pas de voile paralympique à Tokyo en 2020) que nous effectuons plusieurs sorties par semaine avec des handicapés à Nouméa.

La Société Quality Boats (Mont Dore) nous prête gracieusement un bateau pour les séances avec des handicapés. En contrepartie, nous faisons essayer le Weta à d’éventuels acheteurs.

Avantage pour handivoile, en dehors de rendre service à Quality Boats (c’est la moindre des choses) :  en grossissant une flotte, nous créons une dynamique qui permettra d’organiser des sorties groupées handi-valides en loisirs.

Nous pourrons également mettre en place des confrontations et des entrainements – conviviaux – pour ceux qui souhaitent s’amuser à régater.

Donc, keep going !

 

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